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Conte de Sabizeze

Laissez-moi vous conter l’histoire
L’histoire de Sabizeze
Sabizeze, le fils de Sabyogera.

Sabiyogera était roi,
Il prit femme mais n’eut pas d’enfant
Il la répudia.

Il lui fit don d’un troupeau de vaches, et d’une armée de serviteurs,
Ils lui construisirent une demeure
Aux confins du pays, là-bas dans la forêt.

Elle partit enceinte, mais personne ne le sut
Elle accoucha d’un garçon
Auquel elle donna le nom de Sabizeze, fils de Sabiyogera.

Bien des années plus tard, cette nouvelle parvint à la Cour
Tandis que le roi Sabiyogera
Était confronté aux affres de la vieillesse.

Il envoya quérir l’enfant, disant :
Imana a ses propres desseins
Il pourrait bien me donner un héritier pour ce royaume.

Ses hommes se rendirent chez la mère de Sabizeze
Et lui dirent qu’ils avaient pour mission
De ramener son fils.

Elle répondit que Sabizeze était absent
Et leur dit : patientez un peu que j’aille sur le plateau
Je vais l’appeler, et il va venir.

Sabizeze, Sabizeze, Sabizeze, fils de Sabiyogera
Enfant de son collier et de sa jarre inséparable,
Belle houppe, front altier,
Te voilà convoqué, les hommes de ton père sont arrivés.

Il fait du vent, je n’entends rien
Le vent souffle trop fort, je n’entends rien
Ils remplissent les abreuvoirs, je n’entends rien
Ils appellent les troupeaux, je n’entends rien.
Attendez que je conduise mes veaux à l’abreuvoir
Laissez-moi oindre mes tatouages,
Je ne refuse pas, je promets de venir.

Peu après, Sabizeze arriva
Il rencontra les hommes de son père, qui lui dirent :
Fais tes adieux, nous t’amenons,
le roi t’appelle.

Vous ne m’amenez nulle part,
Je ne laisserai pas mes compagnons
Ni n’abandonnerai la mère qui m’a donné le jour
Toute seule dans cette forêt.

Le roi a voyagé toute la nuit
À l’aube, il arriva devant le kraal
Chez la mère de Sabizeze
Et lui demanda : Où est ton fils ?

Il est parti très tôt avec ses hommes
S’entraîner au tir à l’arc
Patientez un instant,
Je les appelle, ils vont arriver.

Sabizeze, Sabizeze, Sabizeze, fils de Sabiyogera
Enfant de son collier et de sa jarre inséparable,
Belle houppe, front altier,
Te voilà convoqué, les hommes de ton père sont arrivés.

Je n’entends rien
Le vent souffle trop fort, je n’entends rien
Ils remplissent les abreuvoirs, je n’entends rien
Ils appellent les troupeaux, je n’entends rien,
Attendez que je conduise mes veaux à l’abreuvoir
Laissez-moi oindre mes tatouages,
Je ne refuse pas, je promets de venir.

Sabizeze est arrivé,
Au milieu de souffleurs d’olifant
De batteurs de tambour
et dans les cris d’allégresse,

Dès que le roi le vit
son cœur s’emplit de joie,
C’est bien à toi que revient le trône, dit-il,
Tu es celui qui doit régner.

Viens avec tes hommes,
Et ta mère qui t’a donné le jour.
Porteurs, amenez les palanquins
Qu’ils disent adieu à cette forêt.

Sabizeze, Sabizeze, Sabizeze, fils de Sabiyogera
Enfant de son collier et de sa jarre inséparable,
Belle houppe, front altier,
Te voilà convoqué, les hommes de ton père sont arrivés.

Il fait du vent, je n’entends rien
Le vent souffle trop fort, je n’entends rien
Ils remplissent les abreuvoirs, je n’entends rien
Ils appellent les troupeaux, je n’entends rien,
Attendez que je conduise mes veaux à l’abreuvoir
Laissez-moi oindre mes tatouages,
Je ne refuse pas, je promets de venir.

 

Traduction : Fanny Gashugi et Gasana Ndoba
Tous droits réservés J.M. Muyango.